
Sur deux armoires qui se ressemblent trait pour trait, l’écart de prix vient
souvent d’une ligne de la fiche technique : AISI 430 d’un côté, AISI 304 de
l’autre. Ce n’est pas un détail commercial, et ce n’est pas non plus une raison
de payer systématiquement le plus cher.
Ce qui distingue les deux nuances
L’AISI 430 est un inox ferritique : environ 17 % de chrome,
pas de nickel. Il résiste bien à la corrosion en atmosphère sèche et modérément
humide. Il est magnétique — un aimant y tient, c’est le test de reconnaissance
le plus simple sur le terrain.
L’AISI 304 est un inox austénitique, autour de 18 % de chrome
et 8 % de nickel, d’où son autre nom de « 18/10 ». Le nickel change la donne :
il rend l’alliage nettement plus résistant à la corrosion, en particulier face
aux chlorures — le sel, l’eau de Javel, les produits de désinfection chlorés. Il
n’est pas magnétique à l’état recuit.
Où le 304 se justifie
Partout où la surface subit du sel, de l’humidité permanente ou un nettoyage
agressif. Concrètement :
- Les plans de travail et les cuves en contact direct avec
les aliments, en particulier les préparations salées et les marinades. - Les zones de plonge et tout ce qui reçoit des projections
de produits chlorés. - Les cuisines de bord de mer, où l’air lui-même est chargé en chlorures.
- Les poissonneries et les postes de traitement du poisson,
de loin l’environnement le plus sévère d’une cuisine.
Où le 430 suffit
Sur les surfaces qui ne reçoivent pas de sel et que l’on nettoie avec un
dégraissant courant, la différence de tenue est difficile à observer sur la
durée de vie d’un appareil :
- Les habillages extérieurs et les panneaux latéraux.
- Les portes et les carrosseries d’armoires en zone sèche.
- Le stockage de produits emballés, où rien n’entre en contact avec la tôle.
C’est la raison pour laquelle beaucoup de fabricants proposent des modèles
mixtes : cuve intérieure en 304, carrosserie en 430. Ce n’est pas une économie
au rabais, c’est une répartition sensée du budget.
L’erreur qui coûte cher
La corrosion de l’inox ne vient presque jamais de l’alliage lui-même : elle
vient de la contamination ferreuse. Une éponge métallique, une
paille de fer, un chariot dont une roue a rayé la tôle, et des particules de fer
se déposent en surface. Elles rouillent, et la rouille attaque ensuite le film
passif qui protège l’inox.
Un 304 mal entretenu se piquera avant un 430 bien entretenu. La règle est
simple : jamais d’abrasif métallique, un rinçage à l’eau claire après tout
produit chloré, et un essuyage dans le sens du brossage de la tôle.
Comment trancher en pratique
Posez-vous la question dans cet ordre : la surface touche-t-elle des aliments
salés ? Reçoit-elle des produits chlorés ? Est-elle mouillée en permanence ? Une
seule réponse positive suffit à justifier le 304 sur cette partie-là. Sinon, le
430 tiendra sans difficulté la durée de vie de l’appareil.
Notre catalogue d’armoires réfrigérées précise la nuance d’inox de chaque modèle, et le
filtre « Matériau » permet de ne retenir que les références en 304. Si vous
hésitez sur un poste précis, décrivez-nous votre projet : la réponse dépend de ce que vous y
préparez, pas du modèle.








